La famille

2 ans que je « n’ai plus de famille »…  Je dis 2 ans, mais en fait je ne sais pas exactement combien de temps… Car j’ai perdu ma famille bien avant de me séparer…

Je regarde vos belles photos facebook de famille et tout cela me semble si loin, presque comme dans une autre vie…  Je regarde ces belles photos  remplies de bonheur et je suis jalouse.  Pas correct vous me direz, mais c’est la vérité.

La vie que j’ai aujourd’hui est le reflet des choix que j’ai fait et je l’assume.  Par contre jamais je n’aurais cru qu’un jour la solitude me rattraperait.  Jamais je n’ai « souffert » de solitude.  Jamais je ne suis rentrée chez moi en me disant que j’avais hâte de dormir pour que le temps passe plus vite.  Jamais je n’ai passé des journées entières sans parler à personne et jamais je n’ai ressenti le poids du silence.  La solitude a toujours été un choix, même un besoin pour moi.  Par contre, depuis quelques mois, la solitude me fait mal par moment.  La solitude est là alors que je ne la veux plus.

La solitude, le silence, le temps…  sont des enseignants assez féroces et percutants pour  nous mettre face à nos choix, face à nous-même…

Jamais encore je n’ai parlé de vie  de couple ou de famille sur ce blogue…  C’est un sujet tellement universel mais tellement personnel en même temps.

Lorsque j’ai « brisé ma famille », je l’ai fait pour l’amour de mes enfants et même par amour pour leur père…Pour leur permettre de vivre dans un  environnement où la chicane, l’ignorance, les pleurs et les cris n’existaient plus…  Lorsque j’ai « brisé ma famille », j’ai pris tout le courage qu’il me restait pour donner à mes enfants et à leur père une chance de redevenir heureux…  Car je sais encore aujourd’hui  que ça n’aurait pas été possible tous ensemble…  Rien à voir avec la valeur  du père de mes enfants ou l’estime que j’ai pour lui.  Nos différences se sont intensifiées avec le temps… tout simplement…

Quand mes enfants me quittent pour aller passer leur 48% de temps chez leur père, ils ne pleurent plus.   Ils sourient, ils sont contents de voir leur papa…  C’est  moi qui a recommencé à pleurer.  C’est moi qui sait trop bien que ces quelques jours seront remplis de silence et de temps trop long.  C’est moi qui s’ennuie de la famille…

Dans les premiers mois de ma « nouvelle vie », je me suis étourdie.  J’ai sorti, j’ai bu, j’ai rempli tous les moments possibles de toutes les mauvaises manières possibles pour remplir tout ce VIDE.  Passage obligé je crois et je ne regrette pas.  Par contre je ne m’attendais pas à l’étape où je suis maintenant… moment où tout ce que je voudrais c’est raconter ma journée à quelqu’un en arrivant.  Passage obligé également je suppose…

Je regarde vos photos de famille ou de « nouvelle famille » aux pommes, à Disney, en camping, en bateau… pis je me rends compte de ce que je veux vraiment.

Il y a des gens qui ne supportent pas que personne ne prennent soin d’eux…  Moi je ne supporte pas de ne prendre soin de personne, de prendre soin d’une gang.  Je ne supporte pas le fait que personne n’ait besoin de moi…  Je dois donc me rendre à l’évidence que mon passage obligé est là pour me faire comprendre que je dois aussi prendre soin de moi…  Et quand je dis ça, je ne parle pas d’aller au spa, chez la coiffeuse ou au gym…  Je parle de ce que MOI je veux dans une relation, dans une « nouvelle famille ».

Les besoins des autres ont toujours été plus importants que les miens.  Le bonheur des autres a toujours été plus important que le mien et la vie des autres a toujours été plus importante que la mienne…  Et quand je dis les autres, je veux dire ceux que j’aime.  Si ceux que j’aime sont heureux, je le suis… Facile hein? NON.   Parce que quand je me retrouve toute seule dans mon salon en revenant de travailler, je n’ai aucune idée du bonheur des autres…  alors je me sens perdue.

Je comprends donc que ce passage obligé est là pour me faire prendre conscience que tout comme ceux qui ne pensent qu’à leur propre nombril, ceux qui pensent juste au nombril des autres, comme moi, ne sont pas plus heureux…  On revient encore une fois à l’équilibre…

Mon idéal de « nouvelle famille » se dessine donc  de plus en plus  et je dois dire que c’est épeurant car je ne sais pas si ça existe…  Je ne l’ai jamais vécu.

C’est épeurant aussi car je dois dire ce que je veux et ce que je ne veux pas et faire les choix qui vont avec. C’est-à-dire avancer vers une nouvelle relation si c’est possible ou me retirer si on n’y reconnait pas ma valeur… Un comme l’autre me confronte.

Un fait demeure, j’aurai toujours besoin de prendre soin des gens que j’aime et  ce, plus que 48% du temps…

Namaste spécial à tout les parents célibataires xx

Vous aimeriez aussi...